Historique du 12ème et 13ème de Ligne
Historique du 12ème de Ligne

En 1831, au lendemain de l’indépendance, le 12e de Ligne, à peine constitué à partir des Corps de volontaires, participe avec éclat à la campagne de libération de la Belgique. Il s’y distingue aux combats de CAPPELEN, BOUTERSEM et BECQUEVOORT. Fidèle à sa devise, le 12e de Ligne se trouve en août 1914 à l’avant-garde de la position fortifiée de LIEGE. Après y avoir contenu et repoussé le premier choc ennemi, il recule lentement de position en position. Il se battra en septembre sur la Dyle et dans ANVERS pour arriver à la mi-octobre derrière DIXMUDE.

Du 19 au 26 octobre, jour et nuit sans répit, sans la moindre défaillance, ils résisteront aux assauts les plus furieux. DIXMUDE reste finalement en nos mains, mais le Régiment y a perdu le tiers de ses effectifs. Au cours de la longue et pénible guerre de tranchées, le 12 se distinguera encore en avril 1918, à MERCKEM. Lorsque débutera l’offensive libératrice en septembre 1918, ce sera le 12e de Ligne qui, à l’avant-garde, s’emparera de haute lutte de STADENBERG, un des points forts de la pos-tion ennemie et, poussant de l’avant, le Régiment atteindra la LYS.

A l’issue de la première guerre mondiale, notre drapeau a reçu le plus grand nombre de citations : LIEGE, ANVERS, DIXMUDE, YSER, MERCKEM, STADENBERG et LA LYS. L’inscription « Campagne 14-18 » rappelle la participation du 12 à toute la guerre ainsi que 38 officiers et les 1400 sous-officiers, caporaux et soldats tombés au champ d’Honneur.

A la mi octobre, derrière l’YSER où il reçoit mission de défendre DIXMUDE le Régiment, commandé par le Colonel AEM JACQUES, va écrire la page la plus glorieuse de l’histoire. Cela lui valut l’honneur de voir son drapeau décoré de la Croix de l’Ordre de Léopold par le roi ALBERT I lui-même et d’accueillir dans ses rangs le prince héritier, futur Roi LEOPOLD III, père du Roi ALBERT II.

Son Chef de Corps de l’époque le Colonel AEM JACQUES sera anobli et deviendra le baron JACQUES de DIXMUDE.

Notre drapeau fut décoré de la Croix de Chevalier de l’Ordre de Léopold le 27 octobre 1914 : ”…en récompense des actions d’éclat accomplies par le régiment au cours des engagements de la Campagne et notamment à DIXMUDE ”.

Enfin n’oublions pas que le 12e de Ligne fut choisi par le Roi Albert pour y incorporer son fils.
Le futur Roi Léopold III. S’adressant au Régiment, réuni le 5 avril 1915 pour accueillir le Prince Léopold, le roi Albert déclarait notamment : ”si j’ai choisi le 12e de Ligne pour que mon fils y soit formé au métier des armes, c’est parce que ce Régiment s’est distingué entre tous par sa vaillance au cours de sa campagne passée”.

En 1940 la guerre atteignit à nouveau la Belgique et le 12e de Ligne, suivant la voie tracée par ses aînés de 14-18 et commandé par le Colonel Yvan Gérard, allait prendre sa part dans les combats de la campagne des 18 jours. A KUURNE, avec des effectifs réduits, il supporte le poids de l’attaque d’une division appuyée par une puissante artillerie, action qui lui vaudra la citation LA LYS 1940 et l’attribution au Régiment de la Fourragère de l’Ordre de Léopold avec liseré d’argent.

 

Les différentes dénominations du Régiment depuis 1831 :

  • 12ème Régiment de Ligne de 1831 à 1940
  • 12ème Bataillon de Ligne de 1944 à 1984
  • 12ème Bataillon de Ligne Prince Léopold de 1984 à 1993
  • Régiment 12ème de Ligne Prince Léopold - 13ème de Ligne de 1993 à 2011
  • Bataillon 12ème de Ligne Prince Léopold - 13ème de Ligne (Bataillon d'Infanterie Légère) depuis 2011.
Le drapeau du 12ème de Ligne

Au cours d'une cérémonie qui eut lieu à Gand le 12 janvier 1832, le Roi LEOPOLD Ier remit le drapeau au 12ème Régiment de Ligne en la personne du Colonel DEVAUX (2ème Chef de Corps du Régiment 1831-1835).

Ce drapeau porte dans ses plis les citations suivantes :

LIEGE - ANVERS - DIXMUDE - YSER - MERCKEM - STADENBERG

- LA LYS - CAMPAGNE 1914-1918 - LA LYS 1940.

Les Citations, Inscriptions et Décorations méritées par nos Anciens :

"LIEGE" Pour commémorer la belle conduite du 12 Li au cours de la glorieuse défense de LIEGE en août 1914 (avec les 9, 11 et 14 Li et 4 Ch).

"ANVERS" Pour commémorer la participation du 12 Li aux opérations sous ANVERS du 20 août au 8 octobre 1914.

"DIXMUDE" et la CROIX de CHEVALIER DE L'ORDRE DE LEOPOLD Pour la belle conduite du 12 Li pendant les journées du 14 au 26 octobre 1914 (avec le 11 Li).

"YSER"

"MERCKEM" Pour commémorer la belle conduite du 12 Li au cours des combats du 17 avril 1918 (avec les 9, 11, 14 Li et 1 Ch).

"STADENBERG" Pour commémorer les hauts faits d'armes accomplis et l'héroïsme déployé par les troupes au cours de la victorieuse offensive commencée le 28 septembre 1918 (avec le 9 Li et le 11 Li).

"LA LYS" Pour commémorer la glorieuse conduite du 12 Li pendant les journées du combat des 14, 15 et 16 octobre 1918.

"CAMPAGNE 14-18"

"LA LYS 1940" Le 24 mai 1940, chargé avec des effectifs réduits de défendre la LYS sur le front KUURNEHARELBEKE, a supporté le poids de l'attaque violente de toute une DI allemande, soutenue par l'action massive d'une puissante artillerie. Après avoir résisté vaillamment sur le premier échelon, bien que submergé sur sa droite et découvert sur la gauche, a, malgré des pertes élevées, opposé, avec l'appui de quelques batteries, une résistance opiniâtre sur le deuxième échelon.

"La fourragère aux couleurs de l'ORDRE de LEOPOLD de 2èmeCLASSE" a été décernée au 12 Li, pour HUIT citations, par Arrêté Royal 2642 du 1 mars 1954

Historique du 13ème de Ligne

Origine : la mobilisation de 1870, survenue à l’occasion de la guerre franco-allemande, ayant dévoilé certaines lacunes dans l’organisation de nos forces, il fut décidé, en paix revenue, d’y remédier. En conséquence, la réorganisation de notre armée du 16 août 1873 porta notamment de douze à quatorze le nombre de nos Régiments d’Infanterie de Lignes actifs. Les deux nouveaux Régiments reçurent logiquement les numéros 13 et 14 et furent formés par prélèvements de compagnies entières (cadre et troupe) sur les douze existants déjà, qui à une date déterminée changèrent de corps afin de les constituer.

La belle époque : Dans le cadre ainsi défini, le 13ème de Ligne fut constitué à Mons le 1er avril 1874.

  • Trois compagnies du 1er de Ligne, trois du 4ème et trois du 7ème de Ligne.
  • Deux compagnies du 3ème de Ligne, deux du 6ème de Ligne et deux du 11ème de ligne.
  • Une compagnie du 10ème de Ligne.

Il reçût son drapeau des mains de SM le Roi LEOPOLD II le 15 juillet 1875 au camp de BEVERLO.
Avant la première Guerre mondiale, le 13ème de Ligne occupa les garnisons ci-après :

  • 1874 – 1881 : MONS
  • 1881 – 1883 : CHARLEROI (avec un Bataillon à ANVERS)
  • 1883 – 1886 : HASSELT (avec un Bataillon à DIEST et un autre à BEVERLO)
  • 1886 – 1892 : ANVERS
  • 1892 – 1914 : NAMUR (avec école régimentaire à DINANT).

Campagne 1914 – 1918 : le 13ème de Ligne combattit successivement à NAMUR, à TERMONDE, sur l’YSER, à MERCKEM ainsi que dans les deux offensives libératrices. Il termina la campagne avec six citations : Namur, Termonde, Yser, Merckem, Zarren, Handzaeme, ce qui lui donna droit à la fourragère à la couleur de l’Ordre de Léopold. Il avait perdu au feu 1250 des siens.

L’entre deux-guerre : le 13ème de Ligne passa cette période de nouveau à Namur où il s’identifiait à la ville. Il fit toutefois trois séjours à l’étranger : De décembre 1918 à avril 1919 en Rhénanie. De mars à aout 1920 à Eupen- Malmédy (deux bataillons). De juin à novembre 1924 dans la Ruhr.

Campagne 1939 – 1940 : faisant partie de la 8ème Division d’Infanterie, le Régiment fut affecté pendant la mobilisation à la défense de la position fortifiée de Namur (PFN). Les tragiques évènements survenus sur d’autres fronts le forcera à abandonner sans combat la PFN dès le 15 mai 1940. Remis en ligne sur la Lys, dans le sous-secteur de Vive-St Bavon, Wielsbeke, il y subit le choc de l’ennemi les 24,25 et 26 mai 1940. Sa belle conduite à cette occasion lui valut une septième citation : La Lys 1940. Il avait perdu sur la Lys 91 des siens dont 5 officiers. Pour éviter la capture, son drapeau fut brulé.

Après la libération : le 1er juillet 1946, le IIème Bataillon de la 2ème Brigade d’infanterie "Yser" reçut la dénomination du 13ème de Ligne et reprit les traditions et le drapeau (nouveau) du Régiment. Le 13 juillet 1946, le 13ème de Ligne partit pour l’Allemagne où il reçut pour garnison Siegburg. Malheureusement, lors de la remise de l’armée sur pied de paix, il fut sacrifié en dépit de ses sept citations (15 février 1947). De 1947 à 1976, le 13 ne fit plus partie de la force terrestre sur pied de paix. Dans ce laps de temps, il fut à certaines périodes repris à l’organisation de la force terrestre sur pied de guerre, tandis qu’à d’autres périodes il fut complètement supprimé.

Epoque contemporaine : le 13 fut reconstitué le 17 mai 1976 comme Bataillon AnTitanK et affecté à la 7ème Brigade d’Infanterie. Il absorba à cette occasion la 16ème Cie ATK. Il s’installa comme première garnison à Spich (RFA). En avril 1979, il revient à Marche-en Famenne qui fut sa dernière garnison. Le 13 est jumelé avec la ville de Namur, avec le 94ème RI français ainsi qu’avec les fraternelles de la 2ème Brigade d’Infanterie "Yser “et des 6ème et 13ème Bataillons de Fusiliers. Il entretient des relations suivies avec les communes flamandes de la Lys où il combattit en 1940. Sa devise est "NEC JACTANTIA NEC METU" qui a été empruntée à une porte de l’antique citadelle de Namur, et son insigne, la tour du guetteur qui domine la ville. Son monument aux morts se trouve sur une place de Namur qui porte son nom. Les mesures de restructuration provoquent définitivement sa dissolution en 1993. Ses traditions sont reprises par le 12ème de Ligne Prince Léopold.

Notre insigne de béret

Au travers de l’Ordre Général 143/49(OG143/49) du 11 avril 1949, une décision ministérielle stipule que les bataillons d’infanterie de chacune des six brigades existant à l’époque reprendront le nom et les traditions d’unités de l’armée de 1940.

Le Ministère de la Défense Nationale encourage la création d’insignes distinctifs qui seront arborés sur le béret en lieu et place du lion "Belgique" porté jusqu’alors.

C’est à cette époque qu’apparait le premier insigne du 12e de Ligne qui évoque plus particulièrement la ville de Liège, sa garnison traditionnelle d’avant guerre. Crée au sein du bataillon, il représente le Perron bien connu accosté des chiffres 1 et 2, supporté par un listel arborant la devise "A l’Avant-garde". Deux rameaux de lauriers entourant l’ensemble évoquent la renommée acquise aux cours des deux conflits mondiaux. La couronne royale est un des attributs de l’infanterie.

Cet insigne est remis à tout le bataillon à l’occasion des fastes régimentaires célébrés le 11 novembre 1949 à Werl(RFA), en présence du Lieutenant Général J.B. Piron, commandant en chef des Forces Belges en Allemagne. L’intendance militaire n’est pas en mesure de fournir ces insignes à temps et le bataillon prit la décision de les faire réaliser en Allemagne. Seule la classe de milice sous les armes à ce moment eut l’honneur de porter cet attribut qui fut retiré peu de temps après : il n’était pas conforme à certaines normes du Ministère…

L’arrêté royal du 2 mai 1984 dispose que le 12e de Ligne portera désormais la dénomination de "Prince Léopold". On y ajouta la lettre monogramme "L" du Prince Léopold.

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